L'essentiel en 30 secondes
- Qu'est-ce que le sentiment d'efficacité personnelle ? La croyance que l'on peut réussir une tâche ou faire face à une situation donnée, décrite par le psychologue Albert Bandura.
- À quoi sert-il ? Il influence les buts que l'on ose viser, l'effort fourni, la persévérance et même le stress ressenti.
- Est-ce la même chose que l'estime de soi ? Non : l'estime de soi juge sa valeur ; l'efficacité personnelle juge sa capacité à agir, situation par situation.
- Peut-on le renforcer ? Oui, par quatre sources : les réussites vécues, l'exemple des autres, les encouragements et l'état du corps.
Qu'est-ce que le sentiment d'efficacité personnelle ?
C'est le jugement que chacun porte sur sa capacité à organiser et à mener les actions nécessaires pour atteindre un but : réussir cette présentation, apprendre à nager, tenir une conversation difficile. Cette notion a été formalisée en 1977 par le psychologue Albert Bandura, qui en a fait l'un des concepts les plus étudiés de la psychologie1.
Un point essentiel : cette croyance est spécifique à chaque domaine. On peut se sentir très capable dans son métier et démuni face à un formulaire administratif, sûr de soi en cuisine et intimidé à l'oral2. Il existe aussi une confiance plus générale en sa capacité à faire face aux défis de la vie, mesurée de façon comparable dans plusieurs pays3, mais c'est le versant situation par situation qui se travaille le mieux.
Idée reçue
« La confiance en soi, on en a ou on n'en a pas. »
Ce que dit la science
Le sentiment d'efficacité n'est pas un trait figé : il est spécifique à chaque domaine et il se construit, principalement par les réussites vécues1.
Pourquoi cette croyance change-t-elle tout ?
Parce qu'elle agit avant même l'action. Selon que l'on se croit capable ou non, on ne choisit pas les mêmes buts, on ne fournit pas le même effort et l'on n'insiste pas aussi longtemps devant l'obstacle1. Elle colore aussi la vie intérieure : un sentiment d'efficacité solide s'accompagne de plus d'optimisme et de moins de stress face aux difficultés2, et il est associé à de meilleures performances dans les apprentissages4.
C'est aussi un ingrédient de la résilience : les personnes qui se sentent capables fixent des objectifs plus ambitieux, persistent après les obstacles et se remettent plus vite des échecs5.
Le lien avec le besoin de compétence est direct : la compétence est le besoin (se sentir capable et progresser) ; le sentiment d'efficacité personnelle est la croyance qui s'en nourrit et qui, en retour, donne le courage d'essayer. Nourrir l'un renforce l'autre.
Comment se construit-il ? Les quatre sources
Bandura a identifié quatre sources qui alimentent ce sentiment, par ordre de puissance1 :
Les réussites vécues
Réussir soi-même, même petit, est la preuve la plus solide. Chaque réussite dépose une brique ; les échecs interprétés avec recul n'effacent pas le mur.
L'exemple des autres
Voir réussir quelqu'un qui nous ressemble (« s'il y arrive, pourquoi pas moi ? ») rend la réussite pensable.
Les encouragements
Les paroles qui soutiennent aident, mais restent fragiles si elles ne sont pas suivies d'une réussite réelle : encourager, puis faire réussir.
L'état du corps
Fatigue, tension ou cœur qui s'emballe sont parfois lus comme des preuves d'incapacité. Prendre soin du corps, et réinterpréter le trac comme de l'énergie, change la lecture.
Premiers pas : transformer un « je n'y arriverai pas »
- Repérez une situation où vous vous dites « je n'y arriverai pas ».
- Retrouvez une réussite passée comparable, même modeste, et notez ce qu'elle prouve sur vos capacités.
- Offrez-vous une petite réussite dès aujourd'hui : découpez la situation et accomplissez-en le premier pas.
À retenir
- Le sentiment d'efficacité personnelle, c'est la croyance « je peux y arriver » face à une situation donnée (Bandura).
- Il est spécifique à chaque domaine : personne n'est capable ou incapable « en général ».
- Il pèse sur les buts, l'effort, la persévérance et le stress, et nourrit la résilience.
- Il se renforce par quatre sources, la plus puissante étant les réussites vécues.
Pour aller plus loin
Ce sentiment est le versant « croyance » du besoin de compétence, l'un des trois besoins psychologiques fondamentaux. À distinguer de l'estime de soi (qui juge la valeur, non la capacité). Voir aussi Le cerveau qui apprend, La résilience et l'ensemble des ressources cognitives.
Fondements scientifiques
Cette fiche s'appuie sur les travaux fondateurs d'Albert Bandura et sur les synthèses de Luszczynska, Schunk, DiBenedetto, Schwarzer et Warner. Voir les références détaillées →
Et maintenant ?
Plusieurs chemins prolongent cette page, selon ce que vous cherchez :
- Comprendre : le repère des trois familles de ressources ;
- Faire le point : le mini questionnaire pour découvrir vos ressources ;
- Essayer seul, à votre rythme : le parcours « Apaiser le stress », en étapes courtes ;
- Vivre l'expérience, en groupe : les ateliers ENCÉFAL®, pour cultiver ses ressources en les pratiquant ;
- Transmettre : la formation Premiers Secours en Santé Mentale et l'ensemble de nos actions.
Cette fiche a une vocation d'information générale et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Voir aussi nos ressources d'aide.
Référence de la ressource
Auteur : Elisabeth Bélot-Grimaud, Ph.D
Première publication : juillet 2026
Dernière mise à jour : 12 juillet 2026
Citation recommandée (APA 7e édition)
Bélot-Grimaud, E. (2026). Le sentiment d'efficacité personnelle : « je peux y arriver ». Santé Mentale Positive. https://santementalepositive.fr/sentiment-efficacite-personnelle.html
Document de référence de cette ressource. Pour toute publication, communication ou utilisation académique, veuillez citer cette version.