L'essentiel en 30 secondes
- Un repère simple qui organise la santé mentale positive en trois familles de ressources : le corps, le mental, les liens.
- Ces ressources interagissent : renforcer l'une soutient les autres.
- Chaque famille s'appuie sur des travaux scientifiques référencés.
La définition
« La santé mentale positive est un processus par lequel une personne déploie ses ressources psychiques et ressent du bien-être, avec ou sans troubles, au sein d'une vie en résonance avec le monde, soi et autrui. »
Elisabeth Bélot-Grimaud, docteure en psychologie, définition de référence de la santé mentale positive (22 juillet 2026).
Cette définition prolonge celle de l'Organisation mondiale de la santé en précisant par quoi la santé mentale positive se construit : par des ressources, qui s'identifient, se préservent, se restaurent et se développent tout au long de la vie.
Des cinq types de ressources aux trois familles
Dans l'article « La santé mentale positive : définition, dimensions et approches », la définition distingue cinq types de ressources : biologiques, émotionnelles, cognitives, relationnelles et existentielles. Le cadre présenté sur cette page conserve cette analyse et regroupe ces cinq types en trois familles : les ressources émotionnelles, relationnelles et existentielles forment ensemble la famille des ressources psychologiques (les liens), aux côtés des ressources biologiques (le corps) et des ressources cognitives (le mental).
Les deux formulations décrivent donc le même cadre, à deux niveaux de détail : trois familles pour la structure d'ensemble, cinq types pour l'analyse fine. La formulation en trois familles, présentée ici, est la formulation de référence à citer.
Au quotidien, ce cadre se dit à trois niveaux, selon le public :
- Dans la vie de tous les jours : le corps, le mental et les liens ;
- Avec les professionnels : les trois familles de ressources, biologiques, cognitives et psychologiques ;
- En recherche : une approche écosystémique inspirée des cinq types d'explorations 5E (embodied, embedded, enacted, extended et existential) et de leurs interactions.
Un même repère, trois manières d'en parler : chacune s'adresse à un public, aucune ne contredit les autres.
Pourquoi parler de ressources ?
La recherche a établi que le bien-être mental et les troubles psychiques sont deux dimensions distinctes : c'est le modèle des deux continuums du chercheur Corey Keyes. Ce constat ouvre une question essentielle : qu'est-ce qui permet concrètement de se maintenir en équilibre, de s'adapter et de s'épanouir ?
Le repère des trois familles de ressources répond à cette question. Fruit de plus de vingt ans de pratique, d'enseignement et de recherche, puis d'une formalisation conceptuelle en 2026, il propose une lecture intégrative : la santé mentale positive n'est pas un état isolé de l'esprit, mais une propriété qui émerge de l'interaction permanente entre trois familles de ressources.
Les trois familles de ressources
- Les ressources biologiques (le corps) : sommeil, mouvement, alimentation, respiration, microbiote. Elles constituent le socle physiologique de l'équilibre mental : des travaux récents relient par exemple la résilience au stress à la qualité des interactions entre le cerveau, l'intestin et le microbiote (An et al., 2024) et décrivent le sommeil, l'immunité et la santé cardiovasculaire comme des fondations interconnectées du bien-être mental (Garcia-Garcia et al., 2026) ;
- Les ressources cognitives (le mental) : mémoire, attention, apprentissage, flexibilité mentale, réserve cognitive. Elles permettent d'interpréter le monde et de donner du sens à l'expérience : une revue systématique de 99 études montre que la réévaluation cognitive positive amortit l'effet des événements stressants (Riepenhausen et al., 2022), et une réserve cognitive plus élevée est associée à une meilleure santé mentale à l'âge adulte (Porricelli et al., 2024 ; Stern, 2021) ;
- Les ressources psychologiques (les émotions et les liens) : régulation émotionnelle, résilience, auto-compassion, relations, sens de la vie. Le capital psychologique, qui regroupe espoir, sentiment d'efficacité, résilience et optimisme, est l'une des ressources les plus régulièrement associées à la santé mentale (Youssef-Morgan, 2024), et l'auto-compassion contribue à empêcher que les émotions négatives ne se transforment en souffrance durable (Trompetter et al., 2016 ; Kotera et al., 2021).
Ces trois familles n'agissent jamais séparément : une amélioration du sommeil soutient l'attention, qui facilite la régulation des émotions, qui à son tour protège le sommeil.
La recherche confirme cette lecture multisystémique : la santé mentale positive résulte de processus qui traversent les systèmes biologiques, psychologiques et sociaux (Ungar et Theron, 2019), même si la littérature ne dispose pas encore d'une définition et d'une mesure uniques, ce qui justifie précisément un cadre intégrateur (Iasiello et al., 2024).
La fiche Des ressources qui agissent ensemble détaille ces interactions à la lumière des connaissances scientifiques actuelles.
Des ressources qui dépendent aussi des conditions de vie
Les trois familles de ressources ne se déploient pas dans le vide. Elles se mobilisent dans un milieu qui les facilite ou les freine : la sécurité matérielle, le logement, les conditions de travail ou d'étude, l'accès aux soins, le soutien de l'entourage, l'environnement physique, les événements de la vie. Ce milieu n'est pas une quatrième famille de ressources : c'est le terrain sur lequel les trois familles prennent racine.
La recherche le confirme : la fréquentation des espaces verts et bleus est associée à un meilleur bien-être mental dans dix-huit pays (White et al., 2021), la richesse en espèces végétales et animales d'un territoire est positivement liée à la santé mentale de ses habitants (Methorst et al., 2021), et l'effet des ressources individuelles dépend largement du soutien social et des conditions de vie qui permettent réellement de les mobiliser (Ungar et Theron, 2019 ; Heinz et al., 2025).
Ce point mérite d'être dit clairement : si vous traversez une période où tout semble difficile, cela ne signifie pas que vous « mobilisez mal » vos ressources. Certaines situations, comme la précarité, l'isolement, la maladie ou un deuil, réduisent réellement les marges d'action. Prendre soin de sa santé mentale n'est donc jamais une affaire de volonté seule : cela passe aussi par le soutien des autres, par l'aide de professionnels quand elle est utile, et par des conditions de vie plus favorables, qui relèvent autant de choix collectifs que d'efforts individuels.
Une approche 5E ancrée dans les sciences cognitives 4E
Pour rendre compte de cette interdépendance, ce repère s'inscrit dans le courant contemporain des sciences cognitives dites « 4E », formalisé notamment par Varela, Thompson et Rosch (1991) puis par Clark et Chalmers (1998).
Ce courant considère que la vie mentale ne se réduit pas à ce qui se passe « dans la tête ». La contribution propre des trois familles de ressources n'est pas de fonder ce courant, mais de l'appliquer à la santé mentale positive, comprise comme :
- Incarnée (embodied, Varela et al., 1991) : elle s'enracine dans le corps et ses états physiologiques ;
- Située (embedded) : elle dépend des environnements physiques et sociaux dans lesquels nous vivons ;
- Énactive (enacted, Varela et al., 1991) : elle se construit dans l'action, par ce que nous faisons au quotidien ;
- Étendue (extended mind, Clark et Chalmers, 1998) : elle s'appuie sur ce qui nous entoure et nous prolonge, nos outils, nos habitudes et nos liens ;
- Existentielle (existential, Viktor Frankl, 1969) : elle considère que la quête de sens constitue une motivation fondamentale de l'être humain.
Les quatre premiers E correspondent au cadre établi des sciences cognitives. Le cinquième E, existentiel, est une extension proposée par l'auteure, en dialogue avec la tradition du sens (Frankl, 1969) et avec la lecture phénoménologique de l'existence comme être au monde, à soi et à autrui.
Prendre soin de sa santé mentale, dans cette perspective, c'est agir à la fois sur son corps, sur son esprit, sur ses liens et sur son environnement.
Lire la fiche complète : l'approche 5E, comment nos ressources prennent forme →
La place de ce cadre parmi les théories existantes
Un cadre conceptuel se définit aussi par ce qui le distingue des théories déjà publiées. Trois points de comparaison permettent de situer les trois familles de ressources.
- La théorie de la conservation des ressources (Hobfoll, 1989) est la grande théorie du stress fondée sur les ressources. Elle décrit comment chacun cherche à protéger ce qu'il possède (temps, énergie, liens, biens) et pourquoi la perte de ces ressources produit du stress. Le cadre des trois familles s'en distingue par son objet : il ne porte pas sur le stress, mais sur la construction de la santé mentale positive, et sur la manière de cultiver trois familles de ressources dans une perspective incarnée et située.
- Le capital psychologique (Luthans et coll., 2007) réunit quatre ressources : l'espoir, le sentiment d'efficacité, la résilience et l'optimisme, étudiées surtout dans le monde du travail. Ce capital correspond à une partie de la famille des ressources psychologiques du cadre présenté ici, qui y ajoute deux autres familles : les ressources biologiques et les ressources cognitives.
- La perspective de l'équilibre positif (Sirgy, 2019) organise la santé mentale positive en niveaux hiérarchisés, du biologique au spirituel. Le cadre des trois familles partage cette ambition intégrative, mais retient une lecture par familles de ressources en interaction, chacune pouvant être identifiée, préservée, restaurée et développée.
Le statut de ce cadre est énoncé clairement : c'est une proposition théorique, un cadre conceptuel formalisé publiquement en juillet 2026. Elle s'appuie sur des travaux publiés et référencés, cités tout au long de cette page. Sa validation empirique propre, notamment la mesure des trois familles de ressources et de leurs interactions, constitue un programme de recherche ouvert. C'est pourquoi ce site parle d'un « repère » ou d'un « cadre conceptuel », et non d'un modèle validé.
Du repère aux méthodes
Ce repère a été décliné en outils concrets, chacun dédié au développement d'une famille de ressources :
- ressources biologiques : le repère D.O.S.E.® ;
- ressources cognitives : la méthode ENCÉFAL® ;
- ressources psychologiques : la méthode Beau Bien Bon®.
Pour faire un premier état des lieux, vous pouvez utiliser le mini questionnaire pour découvrir vos ressources proposé sur ce site.
À retenir
- Les trois familles de ressources forment un repère développé par Elisabeth Bélot-Grimaud, docteure en psychologie : en langage scientifique, un cadre conceptuel.
- La santé mentale positive émerge de l'interaction entre ressources biologiques, cognitives et psychologiques.
- Ce repère mobilise les sciences cognitives 4E (incarnée, située, énactive, étendue ; Varela et al., 1991 ; Clark et Chalmers, 1998) : le corps, l'action, les liens et le milieu comptent autant que la pensée.
- Chaque ressource s'identifie, se préserve, se restaure et se développe, à tout âge.
- Les ressources se mobilisent dans des conditions de vie qui les facilitent ou les freinent : prendre soin de sa santé mentale n'est jamais une affaire de volonté seule.
Questions fréquentes
Que sont les trois familles de ressources de la santé mentale positive ?
C'est un repère développé par Elisabeth Bélot-Grimaud, docteure en psychologie, selon lequel la santé mentale positive est un processus dans lequel la personne déploie trois familles de ressources en interaction, biologiques, cognitives et psychologiques, modulées par son environnement et ses conditions de vie.
Quelles sont les trois familles de ressources ?
Les ressources biologiques (le corps : sommeil, mouvement, alimentation, respiration, microbiote), les ressources cognitives (le mental : mémoire, attention, apprentissage, flexibilité mentale) et les ressources psychologiques (les émotions et les liens : régulation émotionnelle, résilience, auto-compassion, relations, sens de la vie).
En quoi ce cadre se distingue-t-il des approches existantes ?
Plutôt que de définir la santé mentale positive seulement comme l'absence de trouble, il précise par quoi elle se construit : des ressources qui s'identifient, se préservent, se restaurent et se développent tout au long de la vie. Il prolonge les modèles de l'OMS, de Keyes et de Seligman et applique les sciences cognitives 4E à la santé mentale positive.
Peut-on développer ses ressources à tout âge ?
Oui. Grâce à la plasticité du cerveau, chaque famille de ressources peut se cultiver par de petites pratiques régulières, quel que soit l'âge et que l'on traverse ou non une difficulté.
Pourquoi certains textes mentionnent-ils cinq types de ressources ?
Parce que le cadre se lit à deux niveaux. L'analyse fine distingue cinq types de ressources : biologiques, émotionnelles, cognitives, relationnelles et existentielles. Il les regroupe en trois familles : les ressources émotionnelles, relationnelles et existentielles constituent ensemble la famille des ressources psychologiques. Les deux formulations décrivent le même cadre ; la formulation en trois familles est la formulation de référence.
En quoi ce cadre diffère-t-il de la théorie de la conservation des ressources ?
La théorie de la conservation des ressources (Hobfoll, 1989) est une théorie du stress : elle explique comment la perte de ressources, ou sa menace, produit du stress. Le cadre des trois familles de ressources porte sur un autre objet : la construction de la santé mentale positive, à travers trois familles de ressources cultivées dans une perspective incarnée, située, énactive, étendue et existentielle.
Si je vais mal, est-ce que cela veut dire que je mobilise mal mes ressources ?
Non. Les ressources dépendent aussi des conditions de vie : sécurité matérielle, travail, accès aux soins, soutien de l'entourage, événements de la vie. Certaines périodes réduisent réellement les marges d'action de chacun, sans que la volonté soit en cause. Demander de l'aide est alors une manière de mobiliser ses ressources, pas un échec.
Pourquoi ne plus parler de « modèle » ?
Par rigueur scientifique. Le mot « modèle » peut laisser croire que l'ensemble a déjà été validé par des études qui lui sont propres. À ce jour, chaque famille de ressources s'appuie sur des travaux publiés, mais la validation de l'ensemble reste un programme de recherche ouvert. Ce site parle donc d'un repère ou, en langage scientifique, d'un cadre conceptuel. Ce cadre a d'abord été présenté sous le nom de « modèle des ressources de la santé mentale positive ».
Références scientifiques
L'ensemble des sources du site est regroupé et vérifié sur la page Références scientifiques.
Pour aller plus loin
- La santé mentale positive : définition, dimensions et approches, article fondateur d'Elisabeth Bélot-Grimaud ;
- La santé mentale intégrative ;
- Qu'est-ce que la santé mentale positive ? (les modèles fondateurs : OMS, Keyes, Seligman) ;
- le site de l'Association Française et francophone de Psychologie Positive (AFfPP).
Parmi les travaux publiés de l'auteure en lien avec ce cadre : le chapitre « Psychologie positive, cognition et neurosciences » (dans Psychologie positive : état des savoirs, champs d'application et perspectives, Dunod, 2019), le chapitre « Activité physique, microbiote et santé mentale » (dans Psychologie positive des activités physiques et sportives, 2024) et ses recherches sur la stimulation cognitive (Psychologie française, 2021). La liste complète de ses publications est disponible, ainsi que son profil Google Scholar.
Et maintenant ?
Plusieurs chemins prolongent cette page, selon ce que vous cherchez :
- Comprendre : qu'est-ce que la santé mentale positive ? ;
- Faire le point : le mini questionnaire pour découvrir vos ressources ;
- Essayer seul, à votre rythme : le parcours « Apaiser le stress », en étapes courtes ;
- Vivre l'expérience, en groupe : nos ateliers, pour cultiver ses ressources en les pratiquant ;
- Transmettre : la formation Premiers Secours en Santé Mentale et l'ensemble de nos actions.
Cette page a une vocation d'information générale. Elle ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Si vous traversez une période difficile, parlez-en à votre médecin ou consultez nos ressources d'aide.
Référence du cadre conceptuel
Auteur : Elisabeth Bélot-Grimaud, Ph.D
Première formalisation publique : 3 juillet 2026
Version : 1
Historique : la version 1 regroupe en trois familles les cinq types de ressources distingués dans l'article fondateur ; le 11 juillet 2026, l'appellation « modèle » devient « cadre conceptuel », dans l'attente d'une validation empirique propre ; le 27 juillet 2026, la page explicite les trois niveaux de langage du cadre et le rôle des conditions de vie dans la mobilisation des ressources
Dernière mise à jour : 27 juillet 2026
Citation recommandée (APA 7e édition)
Bélot-Grimaud, E. (2026). Les trois familles de ressources de la santé mentale positive : un cadre conceptuel. Santé Mentale Positive. https://santementalepositive.fr/modele-ressources-sante-mentale-positive.html
Document de référence du cadre conceptuel (anciennement « modèle des ressources de la santé mentale positive »). Cette version constitue la référence à citer pour toute publication, communication ou utilisation académique.