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PsychologiquesLecture : 7 min

La spiritualité : se relier à plus grand que soi

Se sentir relié à quelque chose qui nous dépasse, chercher un sens, éprouver le sacré : c'est la spiritualité. Religieuse ou laïque, elle est l'une des forces de caractère, dans la vertu de transcendance. La recherche la relie surtout au sens de la vie.

L'essentiel en 30 secondes

  • Qu'est-ce que la spiritualité ? Une orientation vers le sens, le sacré et plus grand que soi, et le sentiment d'y être relié.
  • Est-ce la même chose que la religion ? Non : elle peut être religieuse, mais aussi laïque (la nature, l'humanité, les valeurs, le vivant).
  • À quoi est-elle liée ? Surtout au sens de la vie, et souvent à plus de bien-être et de gestes tournés vers les autres.
  • Peut-on la cultiver ? Oui, par des pratiques simples : silence, gratitude, nature, clarification de ses valeurs.

Qu'est-ce que la spiritualité ?

Dans la classification VIA de Peterson et Seligman, la spiritualité est définie comme une croyance et un engagement envers les aspects transcendants de la vie : le sens, le sacré, ce qui nous relie à plus grand que nous1. Elle appartient à la vertu de la transcendance, avec la gratitude, l'espoir, l'humour et l'appréciation de la beauté.

Un point important pour ce site, ouvert à toutes et tous : la spiritualité n'est pas synonyme de religion. Elle peut s'ancrer dans une foi, mais aussi dans un lien laïque à la nature, à l'humanité, aux valeurs ou au vivant. Les chercheurs soulignent d'ailleurs que la définition du VIA est sans doute trop étroite pour cette expérience très personnelle et multiforme2.

En France, le psychologue social Nicolas Roussiau défend précisément cette vision élargie. Il décrit la spiritualité comme un objet à part entière de la psychologie, organisé autour de plusieurs dimensions : le sens de la vie, la transcendance, le rapport au sacré, l'altruisme, le lien au vivant et l'émerveillement. Surtout, ses travaux montrent qu'avec la sécularisation, la spiritualité se détache peu à peu de la religion : on peut être athée ou agnostique et vivre pleinement une spiritualité, dite alors laïque ou aréligieuse3.

Cette vision élargie rejoint des travaux internationaux. Pour pouvoir étudier la spiritualité aussi bien chez les croyants que chez les non-croyants, l'équipe néerlandaise d'Eltica de Jager Meezenbroek a conçu un questionnaire, le SAIL, qui la traite comme une expérience humaine universelle. Elle la définit comme la recherche et l'expérience d'un lien avec l'essence de la vie, qui prend trois formes : le lien à soi (authenticité, paix intérieure, sens), le lien aux autres et à la nature (compassion, gratitude, émerveillement) et le lien à plus grand que soi. Vue ainsi, la spiritualité est d'abord une affaire de lien, accessible quelles que soient les convictions4.

Idée reçue

« La spiritualité, c'est forcément la religion. »

Ce que dit la science

La recherche distingue les deux : on peut être spirituel sans être croyant, et l'inverse. La spiritualité désigne d'abord un rapport au sens et au sacré, qui prend des formes très variées selon les personnes2.

Ce que montre la recherche

Le lien le plus net concerne le sens de la vie. Dans une étude portant sur plus de 23 000 personnes de plus de 100 pays, la spiritualité figure parmi les plus forts prédicteurs du sentiment que la vie a un sens, avec l'espoir, l'énergie, la curiosité et la gratitude5.

Elle va aussi souvent de pair avec le bien-être. Chez des adolescents suivis dans le temps, la spiritualité prédit un meilleur bien-être et davantage de gestes tournés vers les autres, et elle reste assez stable d'une année sur l'autre6. Chez les adultes, les personnes à la fois spirituelles et riches en forces de caractère rapportent le plus d'épanouissement7. Spiritualité et forces se nourrissent mutuellement : cultiver ses forces peut approfondir la vie intérieure, et inversement.

En bref : ce que la recherche dit de la spiritualité
Sur quoi ?Ce que montre la scienceNiveau de preuve
Sens de la vieParmi les plus forts prédicteurs, dans plus de 100 pays.
Bien-être et prosocialitéAssociée à plus de bien-être et de gestes vers les autres.
Programmes dédiésEffets réels mais variables, pas toujours supérieurs à un autre soutien.

résultats à confirmer  ·   confirmé, effets modestes  ·   solidement établi

La spiritualité, le Beau et la D.O.S.E.®

Sur ce site, la spiritualité est rattachée au Beau, le plaisir de vivre : l'émerveillement, le sentiment du sacré et la contemplation sont des expériences qui embellissent l'existence, proches de l'appréciation de la beauté. Elle fait aussi écho au D du repère D.O.S.E.® : s'engager dans une pratique (prière, méditation, marche contemplative) est une mise en mouvement intérieure. Cela dit, en toute honnêteté, son ancrage scientifique le plus fort reste le sens de la vie : c'est d'abord une force qui donne une direction et une profondeur.

Premiers pas : nourrir sa vie intérieure

  1. Offrez-vous chaque jour un court moment de silence ou de contemplation, sans écran.
  2. Notez une chose pour laquelle vous ressentez de la gratitude, ou qui vous relie à plus grand que vous.
  3. Clarifiez une valeur qui compte vraiment pour vous, et posez un geste qui l'honore.

À retenir

  • La spiritualité, c'est une orientation vers le sens, le sacré et plus grand que soi.
  • Elle peut être religieuse ou laïque : chacun la vit à sa manière.
  • Son lien le plus solide est avec le sens de la vie ; elle va souvent de pair avec le bien-être.
  • Elle nourrit le Beau (émerveillement, contemplation) et fait écho au D du repère D.O.S.E.®.

Une précision utile

La spiritualité est une expérience profondément personnelle : il n'y a ni bonne ni mauvaise façon de la vivre, et ne pas s'y reconnaître n'a rien d'un manque. Les effets des programmes qui la cultivent sont réels mais variables, et pas toujours supérieurs à d'autres formes de soutien8. La recherche note aussi qu'elle se regroupe avec l'espoir et l'amour dans un ensemble tourné vers le sens9. En cas de doute ou de souffrance liée à ces questions, en parler à une personne de confiance ou à un professionnel peut aider.

Fondements scientifiques

Cette fiche s'appuie sur la classification de Peterson et Seligman, sur la vision française de la spiritualité laïque de Nicolas Roussiau, et sur les travaux de Niemiec, Russo-Netzer et Pargament, de Jager Meezenbroek, Kor, Ford, Park et Harris et leurs collègues. Voir les références détaillées →

Et maintenant ?

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Cette fiche a une vocation d'information générale, dans le respect de toutes les convictions, et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Voir aussi nos ressources d'aide.

Référence de la ressource

Auteur : Elisabeth Bélot-Grimaud, Ph.D
Première publication : juillet 2026
Dernière mise à jour : 17 juillet 2026

Citation recommandée (APA 7e édition)

Bélot-Grimaud, E. (2026). La spiritualité : se relier à plus grand que soi. Santé Mentale Positive. https://santementalepositive.fr/force-spiritualite.html

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