Aller directement au contenu
BiologiquesLecture : 4 min

Nature, biodiversité et santé mentale

Se sentir mieux après une promenade en forêt ou au bord de l'eau, ce n'est pas qu'une impression. La recherche le confirme de plus en plus : le contact avec la nature, surtout quand elle est riche de vie, est une véritable ressource pour notre santé mentale.

L'essentiel en 30 secondes

  • Le contact avec la nature améliore-t-il la santé mentale ? Oui, la recherche le confirme de plus en plus : le contact avec la nature réduit le stress et soutient le bien-être.
  • Faut-il une nature particulière ? La richesse du vivant compte : les milieux riches en biodiversité semblent plus bénéfiques qu'un simple espace vert. Mais tout contact avec la nature est déjà utile.
  • Combien de temps passer dans la nature ? Même de courts moments réguliers sont bénéfiques : l'important est la régularité et la qualité de l'attention portée à ce qui nous entoure.

La nature nous fait du bien

Passer du temps dehors, dans un parc, un jardin, une forêt ou au bord de l'eau, apaise le corps et l'esprit. Les personnes qui fréquentent régulièrement les espaces verts et les espaces bleus (la mer, les rivières, les lacs) se sentent en moyenne mieux, plus sereines et plus vivantes. Pendant les confinements, ceux qui avaient accès à la nature, ou même simplement une vue sur de la verdure, ont traversé cette période plus facilement.

Un repère simple ressort des travaux de recherche : environ deux heures par semaine au contact de la nature suffisent à ressentir un mieux-être1. Peu importe la façon de les répartir, en une fois ou en petits moments.

2 h

par semaine au contact de la nature suffisent à ressentir un mieux-être1

Ce n'est pas que « du vert » : la richesse du vivant compte

Voici la découverte la plus étonnante : ce n'est pas seulement la quantité de nature qui compte, mais sa diversité, la variété des plantes, des arbres et des animaux qui la peuplent2. C'est ce qu'on appelle la biodiversité.

Des études menées à l'échelle de pays entiers vont dans ce sens. En Allemagne, puis dans trente-six grandes villes canadiennes, les habitants vivant dans un voisinage plus riche en espèces d'oiseaux et d'arbres se déclarent en meilleure santé mentale. Au Canada, un voisinage plus riche en chants d'oiseaux ou en variétés d'arbres était associé à une hausse mesurable du sentiment d'aller bien. Autrement dit, un jardin foisonnant de vie ne nous nourrit pas de la même façon qu'une pelouse rase et silencieuse.

Notre regard change tout

Fait remarquable : ce que nous percevons compte autant que ce qui est mesuré. Dans une expérience menée dans une forêt de ville, se sentir entouré d'un lieu vivant et foisonnant était lié à davantage d'émotions positives, même indépendamment de la richesse réelle du lieu. Prendre le temps de remarquer la vie autour de soi, un oiseau, une fleur, un insecte, fait partie du bienfait.

Pourquoi ça marche ?

Les chercheurs avancent plusieurs explications, qui se combinent probablement :

  • Le repos de l'attention : la nature sollicite notre regard en douceur, sans l'effort permanent qu'exigent la ville et les écrans. Notre capacité de concentration se recharge.
  • La baisse du stress : le corps se détend, le rythme cardiaque ralentit, la tension retombe.
  • L'émerveillement tranquille : la beauté du vivant éveille des émotions positives, une forme de fascination apaisante.
  • Des effets biologiques encore à l'étude, comme le contact avec les micro-organismes de l'environnement, qui pourraient dialoguer avec notre propre microbiote.

Premiers pas : deux heures et un regard curieux

  1. Cette semaine, offrez-vous environ deux heures de nature, en une promenade ou en plusieurs petits moments : un parc, un jardin, un chemin, une berge.
  2. Une fois sur place, ralentissez.
  3. Jouez à repérer la vie : combien d'oiseaux différents entendez-vous ? Combien de sortes de plantes voyez-vous ? Nul besoin de les nommer : remarquez simplement la richesse du vivant.
  4. Observez ensuite comment vous vous sentez.

À retenir

  • Le contact régulier avec la nature soutient la santé mentale : un repère utile est d'environ deux heures par semaine.
  • La biodiversité (la richesse du vivant) semble compter davantage que la simple quantité de verdure.
  • Les espaces bleus (mer, rivières, lacs) sont aussi apaisants que les espaces verts.
  • Remarquer la vie autour de soi fait partie du bienfait.
  • La recherche est prometteuse, mais encore en construction : ces liens sont réels, sans être des recettes garanties.

Ce lien entre notre santé et celle des milieux qui nous entourent s'inscrit dans une idée plus large, l'approche One Health (une seule santé) : la santé des humains, des animaux et de l'environnement est interdépendante.

Fondements scientifiques

Cette fiche s'appuie notamment sur les grandes études de Mathew White (temps passé dans la nature) et de Joel Methorst (biodiversité et santé mentale). Voir les références détaillées →

Et maintenant ?

Plusieurs chemins prolongent cette page, selon ce que vous cherchez :

Cette fiche a une vocation d'information générale et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Le contact avec la nature est un soutien précieux, non un traitement. Si vous traversez une période difficile, parlez-en à votre médecin ou consultez nos ressources d'aide.

Référence de la ressource

Auteur : Elisabeth Bélot-Grimaud, Ph.D
Première publication : juillet 2026
Dernière mise à jour : 5 juillet 2026

Citation recommandée (APA 7e édition)

Bélot-Grimaud, E. (2026). Nature, biodiversité et santé mentale. Santé Mentale Positive. https://santementalepositive.fr/nature-biodiversite-sante-mentale.html

Document de référence de cette ressource. Pour toute publication, communication ou utilisation académique, veuillez citer cette version.