Aller directement au contenu
BiologiquesLecture : 7 min

One Health : une seule santé

Notre santé ne s'arrête pas à la peau. Elle dépend aussi de la santé des animaux, des plantes et des milieux qui nous entourent. C'est l'idée de l'approche One Health, ou « santé globale » : une seule santé, partagée par tout le vivant. Un éclairage utile pour comprendre le lien au monde qui traverse la santé mentale positive.

L'essentiel en 30 secondes

  • Qu'est-ce que l'approche One Health ? C'est une façon de voir la santé qui relie la santé des humains, des animaux et de l'environnement, et qui fait travailler ensemble plusieurs métiers plutôt que chacun de son côté.
  • D'où vient l'idée ? Elle est née autour de l'an 2000 pour mieux prévenir les maladies qui passent de l'animal à l'homme, puis s'est élargie à l'alimentation, à l'environnement et au climat.
  • Quel rapport avec la santé mentale ? La santé mentale positive intègre le lien au monde et au vivant. One Health donne un cadre scientifique à ce lien : prendre soin des milieux, c'est aussi une façon de prendre soin de nous.

Une seule santé pour tout le vivant

One Health, qu'on traduit par « une seule santé » ou « santé globale », part d'un constat simple : la santé des humains, des animaux, des plantes et des écosystèmes est interdépendante. On ne peut pas bien soigner l'une en ignorant les autres. Plutôt que de travailler chacun dans son coin, l'idée est de faire collaborer plusieurs métiers et plusieurs disciplines : médecine humaine, santé animale, écologie, sciences de l'environnement, sciences sociales, décideurs publics et communautés concernées1.

C'est donc une approche collaborative, multisectorielle et transdisciplinaire, appliquée du niveau local au niveau mondial, pour viser de meilleurs résultats de santé2. Au-delà des seuls médecins et vétérinaires, elle met en avant des principes plus larges : l'équité entre secteurs, l'équilibre entre les sociétés et leur environnement, la confiance et la prise en compte de savoirs variés, y compris locaux3.

D'une seule santé à la santé globale

L'expression est jeune, mais l'intuition est ancienne. Voici les grandes étapes, telles que les retrace le nutritionniste Pierre Weill dans sa thèse4 :

  • Vers 2000 : le terme « une seule santé » apparaît dans un contexte de lutte contre les zoonoses, ces maladies qui passent de l'animal à l'homme.
  • 2005 : l'idée se diffuse avec la crise de la grippe aviaire.
  • 2010 : les organisations mondiales de la santé humaine, de la santé animale et de l'agriculture forment une « alliance One Health » et y ajoutent la question de la résistance aux antibiotiques.
  • 2020-2021 : un panel d'experts de haut niveau associe la santé environnementale aux trois précédentes, et la prévention des maladies venues du vivant devient une priorité internationale.

Au fil du temps, le regard s'est donc élargi : de la seule prévention des maladies animales vers une « santé globale » qui englobe l'alimentation, la qualité des milieux, la biodiversité et le climat.

À quoi ça sert ?

La santé globale n'est pas une théorie abstraite : c'est surtout une manière d'organiser la prévention. Ses apports les mieux établis concernent la préparation et la détection précoce des menaces sanitaires5. On la retrouve notamment sur :

  • Les zoonoses : prévenir, détecter tôt et maîtriser ensemble les maladies transmises par les animaux ;
  • La résistance aux antibiotiques : surveiller et agir à la fois côté humain, animal et environnemental ;
  • La sécurité des aliments : relier la qualité des sols, des élevages et de nos assiettes ;
  • L'environnement et le climat : intégrer la pollution, l'eau, la biodiversité et nos expositions quotidiennes ;
  • Certaines maladies chroniques comme l'asthme et les allergies, liées à l'ensemble de nos expositions de vie6.

Un exemple concret : du sol au sang

Comment la santé d'un champ peut-elle rejoindre la nôtre ? La thèse de Pierre Weill4 en donne une illustration à propos des acides gras oméga 3. Un sol vivant nourrit des plantes riches en oméga 3 (comme l'herbe et le lin). Ces plantes nourrissent des animaux dont la santé et la fertilité s'améliorent, tout en réduisant l'empreinte de l'élevage sur le climat. Enfin, les produits de ces animaux (lait, viande, œufs) apportent à l'homme une alimentation de meilleure qualité, associée à un meilleur profil sanguin.

La santé du sol, de la plante, de l'animal et de l'homme se répondent ainsi tout au long de la chaîne. C'est ce que résume le vieux « principe d'incorporation » : je suis ce que je mange. L'auteur va plus loin en proposant des repères mesurables de cette santé globale, jusqu'à un simple marqueur dans le sang. L'idée est forte : rendre visible, par la mesure, un lien que l'on ressentait sans toujours pouvoir le prouver.

Quel lien avec la santé mentale positive ?

La santé mentale positive se définit sur ce site comme un processus qui se vit « au sein d'une vie en résonance avec le monde, soi et autrui ». Le lien au monde et au vivant fait donc partie, à part entière, de ce qui nourrit notre équilibre. L'approche One Health lui donne une base scientifique : notre santé, y compris mentale, n'est pas séparable de celle des milieux où nous vivons.

Le chemin le mieux étudié entre l'environnement et le bien-être psychique est le contact avec la nature : la fiche nature, biodiversité et santé mentale montre qu'un milieu riche de vie soutient notre santé mentale, et l'émerveillement devant le vivant en est l'une des portes. D'autres pistes s'explorent, comme le dialogue entre notre environnement et notre microbiote (l'idée d'holobionte, l'humain et ses microbes en un tout), ou la qualité de notre alimentation et de notre mode de vie (voir les habitudes qui nourrissent l'équilibre).

Restons mesurés : One Health est d'abord une approche de santé publique, et le lien direct entre santé globale et santé mentale reste un champ de recherche émergent. Mais l'esprit rejoint celui de ce site : prendre soin du vivant autour de soi est aussi une façon de prendre soin de soi.

Intérêt et limites

Les bénéfices de la santé globale sont surtout nets pour la prévention et la détection précoce, avec des preuves plus solides pour certaines zoonoses et maladies tropicales5. L'approche rejoint aussi les objectifs de développement durable, en cherchant des bénéfices partagés entre santé, environnement et alimentation.

Sa mise en œuvre reste toutefois difficile. Les obstacles les plus souvent cités sont le travail en silos, une gouvernance découpée par secteurs, le manque de moyens, une volonté politique parfois faible et le manque d'outils d'évaluation fiables7. Autrement dit, l'idée fait consensus, mais la faire vivre au quotidien demande de la coordination.

Premiers pas : relier votre santé à celle du vivant

Nul besoin d'agir à l'échelle de la planète. Une petite attention suffit pour relier votre bien-être à celui du vivant.

  1. Choisissez un geste parmi ceux-ci : offrir un moment régulier au contact de la nature en remarquant ce qui y vit, ajouter un peu plus de végétal et de variété dans une assiette, ou prendre soin d'un coin de vivant proche (quelques plantes, un balcon, un jardin partagé).
  2. Réalisez-le cette semaine, sans chercher à tout faire : un seul geste suffit.
  3. Observez ensuite comment vous vous sentez.

À retenir

  • One Health, ou « santé globale », relie la santé des humains, des animaux et de l'environnement : une seule santé.
  • Née pour prévenir les maladies venues de l'animal, elle s'est élargie à l'alimentation, à la biodiversité et au climat.
  • Son apport le mieux établi est la prévention ; sa principale difficulté est de faire travailler ensemble des secteurs séparés.
  • Elle éclaire le lien au monde et au vivant présent dans la santé mentale positive, même si ce lien direct reste un champ de recherche récent.
  • À notre échelle, prendre soin du vivant autour de soi est aussi une façon de prendre soin de soi.

Fondements scientifiques

Cette fiche s'appuie notamment sur la définition du panel d'experts One Health (Adisasmito et coll., 2023), sur les synthèses de preuves de Jakob Zinsstag et coll. (2023) et sur la thèse de Pierre Weill (2022) pour l'exemple « du sol au sang ». Voir les références détaillées →

Et maintenant ?

Plusieurs chemins prolongent cette page, selon ce que vous cherchez :

Cette fiche a une vocation d'information générale et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Si vous traversez une période difficile, parlez-en à votre médecin ou consultez nos ressources d'aide.

Référence de la ressource

Auteur : Elisabeth Bélot-Grimaud, Ph.D
Première publication : juillet 2026
Dernière mise à jour : 22 juillet 2026

Citation recommandée (APA 7e édition)

Bélot-Grimaud, E. (2026). One Health : une seule santé (santé globale). Santé Mentale Positive. https://santementalepositive.fr/one-health-sante-globale.html

Document de référence de cette ressource. Pour toute publication, communication ou utilisation académique, veuillez citer cette version.