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PsychologiquesLecture : 5 min

Le pardon : renoncer au ressentiment

Laisser retomber la rancune et le désir de revanche après une offense, non pour excuser la faute, mais pour ne plus la laisser vous ronger : voilà le pardon. Dans la classification des forces de caractère, c'est une force de la vertu de tempérance. Pardonner ne veut dire ni oublier, ni se remettre en danger.

L'essentiel en 30 secondes

  • Qu'est-ce que le pardon ? Renoncer au ressentiment et à la revanche après une offense, au profit d'une attitude plus apaisée.
  • Est-ce oublier ou excuser ? Non : le pardon n'est ni l'oubli, ni le déni, ni la justification de la faute, ni le renoncement à la justice.
  • À quoi sert-il ? Il est associé à des bénéfices émotionnels et physiques, et il aide souvent à apaiser ou réparer un lien.
  • Peut-on le cultiver ? Oui : c'est un cheminement qui se travaille, à son rythme, sans se forcer.

Qu'est-ce que le pardon ?

Dans la classification VIA de Peterson et Seligman, le pardon fait partie des 24 forces de caractère, classé sous la vertu de la tempérance, avec l'humilité, la prudence et la maîtrise de soi : les forces qui aident à maîtriser les excès1. On le définit comme le fait de laisser de côté le ressentiment et la vengeance au profit d'une attitude plus bienveillante : un déplacement des pensées, émotions et comportements négatifs vers des réponses plus positives après une offense2.

Idée reçue

« Pardonner, c'est oublier l'offense, excuser la faute et renoncer à toute justice. »

Ce que dit la science

Le pardon ne se confond ni avec l'oubli, ni avec le déni, ni avec la justification de la faute, ni avec l'abandon de la justice. C'est renoncer au ressentiment pour son propre apaisement, ce qui reste possible même sans oublier et même en demandant réparation2.

Une force de tempérance… profondément relationnelle

Sur le plan théorique, la place du pardon dans la tempérance est claire : cette vertu regroupe les forces qui contrôlent les excès et protègent des conduites dommageables3. Mais dans les faits, quand on la mesure, le pardon se rapproche souvent davantage de la vertu d'humanité que de la tempérance45. C'est logique : pardonner, c'est presque toujours une affaire de lien, une façon d'apaiser ou de réparer une relation abîmée. C'est pourquoi, sur ce site, cette force est rattachée au Bon.

Le pardon, le Bon et la D.O.S.E.®

Sur ce site, le pardon est rattaché au Bon, le lien aux autres : renoncer à la rancune, c'est se donner une chance de préserver ou reconstruire une relation, et souvent retrouver la paix intérieure. Il fait aussi écho au O du repère D.O.S.E.® : l'ocytocine, molécule du lien et de la confiance, est ce qui soutient le rapprochement et la réparation après une brouille. Le pardon est d'ailleurs lié à la capacité à faire preuve d'auto-compassion envers soi-même6.

Premiers pas : cheminer vers le pardon

  1. Nommez ce qui vous a blessé, sans minimiser : on ne pardonne pas ce qu'on n'a pas reconnu.
  2. Distinguez pardonner et renouer : on peut lâcher la rancune sans forcément reprendre la relation.
  3. Avancez à votre rythme : le pardon est un cheminement, pas une décision qu'on s'impose d'un coup.

À retenir

  • Le pardon, c'est renoncer au ressentiment et à la revanche après une offense.
  • C'est une force de la vertu tempérance, mais dans les faits profondément relationnelle.
  • Pardonner n'est ni oublier, ni excuser la faute, ni renoncer à la justice, ni forcément renouer.
  • Il nourrit le Bon et fait écho au O (ocytocine, le lien et la confiance) du repère D.O.S.E.®.

Une précision utile

Le pardon est associé à des bénéfices émotionnels et physiques, et les forces tournées vers les autres, comme lui, vont de pair avec plus de satisfaction de vie7. Cela dit, comme pour l'ensemble des forces, la structure exacte du modèle VIA reste discutée : plusieurs analyses ne retrouvent pas nettement les six vertus d'origine, ce qui touche directement le pardon, théoriquement rangé dans la tempérance mais souvent plus relationnel qu'inhibiteur8. Bon à savoir : le pardon se fait d'abord pour soi, à son rythme.

Fondements scientifiques

Cette fiche s'appuie sur la classification de Peterson et Seligman et sur les travaux de Tirrell, García-Vázquez, Ruch, Booker, Datu et Steger et leurs collègues. Voir les références détaillées →

Et maintenant ?

Plusieurs chemins prolongent cette page, selon ce que vous cherchez :

Cette fiche a une vocation d'information générale et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Pardonner n'oblige jamais à renouer ni à se remettre en danger : face à la violence ou à l'emprise, votre sécurité passe d'abord. Voir aussi nos ressources d'aide.

Référence de la ressource

Auteur : Elisabeth Bélot-Grimaud, Ph.D
Première publication : juillet 2026
Dernière mise à jour : 17 juillet 2026

Citation recommandée (APA 7e édition)

Bélot-Grimaud, E. (2026). Le pardon : renoncer au ressentiment. Santé Mentale Positive. https://santementalepositive.fr/force-pardon.html

Document de référence de cette ressource. Pour toute publication, communication ou utilisation académique, veuillez citer cette version.