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PsychologiquesLecture : 6 min

Les six vertus : la charpente des forces de caractère

Sagesse, courage, humanité, justice, tempérance, transcendance : pourquoi ces six-là, et pas cinq ou dix ? Cette fiche raconte d'où vient ce chiffre, à quoi servent les vertus dans la classification VIA, et ce que la science continue d'en discuter.

L'essentiel en 30 secondes

  • C'est quoi, une vertu ? Une grande direction morale valorisée à travers les cultures. Dans la classification VIA, chaque vertu regroupe des forces de caractère plus concrètes.
  • Pourquoi six ? Parce que six grandes classes reviennent de façon récurrente dans les traditions philosophiques et religieuses étudiées, de la Chine à l'Occident. C'est un choix de classification, pas une loi de la nature.
  • À quoi servent-elles ? À organiser les 24 forces de caractère et à donner un langage commun à la recherche, à la mesure et aux interventions.
  • Le chiffre six est-il définitif ? Non. Selon les analyses, les forces se regroupent parfois en trois, quatre ou cinq ensembles plutôt que six. Le débat reste ouvert.

De la vertu aux forces : comment le modèle est construit

Dans la classification VIA de Peterson et Seligman, les vertus sont les six grandes classes du sommet, et les 24 forces de caractère en sont les ingrédients concrets, ceux que l'on peut observer et cultiver au quotidien12. Les vertus sont en effet trop abstraites pour être mesurées directement : on ne coche pas une case « courage », mais on peut repérer la bravoure, la persévérance ou l'honnêteté qui l'expriment3.

Regrouper les forces sous quelques catégories « cardinales » évite aussi une liste sans fin : les vertus jouent le rôle de grands genres au-dessus d'espèces plus particulières4.

Les six vertus, une à une

Chaque vertu est une direction ; ses forces en sont les chemins concrets2. Chacune a désormais sa fiche détaillée :

D'où vient le chiffre six ?

Avant de proposer leur classification, les auteurs ont relu de grands textes philosophiques et religieux de Chine, d'Asie du Sud et d'Occident, du confucianisme à la philosophie grecque. Leur constat : six grandes classes de vertus reviennent de façon récurrente dans ces traditions pourtant très différentes1.

L'argument est donc une convergence historique et culturelle, pas une preuve expérimentale qu'il n'existerait que six vertus possibles. Le chiffre six est un choix de classification, assumé comme tel par les auteurs, pour donner à la psychologie positive une ossature commune15.

Idée reçue

« La science a prouvé qu'il existe exactement six vertus humaines. »

Ce que dit la science

Le chiffre six vient de la convergence des grandes traditions morales, pas d'une démonstration expérimentale. C'est une classification utile, que les auteurs eux-mêmes présentent comme un choix1.

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grandes classes de vertus reviennent de façon récurrente dans les traditions morales étudiées, de la Chine à l'Occident1

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forces de caractère expriment concrètement ces six vertus dans la classification VIA2

Un chiffre utile, mais discuté

Quand on analyse les réponses aux questionnaires, les 24 forces ne se regroupent pas toujours proprement en six facteurs : selon les études, on trouve plutôt trois, quatre ou cinq grands ensembles, parfois même une seule grande dimension67.

Des philosophes ajoutent leurs nuances : les vertus du modèle seraient traitées comme trop indépendantes les unes des autres, alors qu'il faut souvent une forme de sagesse pratique pour les doser et les arbitrer dans une situation réelle8. D'autres estiment que la notion même de vertu y est encore insuffisamment définie et mesurée910. Ces débats ne disqualifient pas la classification : ils rappellent qu'elle est un outil de travail, pas un fait clos.

Pourquoi ces catégories restent précieuses

Malgré les débats, les six vertus offrent un langage commun qui a permis vingt ans de recherche et de pratique dans le monde entier5. Et surtout, ce qu'elles organisent fonctionne : une synthèse regroupant 21 revues d'essais randomisés (des études où un tirage au sort compose les groupes, la méthode la plus fiable) conclut que les programmes qui cultivent les forces et les vertus améliorent le bien-être, avec des effets modestes mais réels11.

Ce que dit la science

Voici les grandes lignes, avec pour chacune une petite jauge : plus elle est remplie, plus la preuve est solide.

En bref : ce que l'on sait des six vertus
Sur quoi ?Ce que montre la scienceNiveau de preuve
Utilité de la classification (recherche, pratique)Référence mondiale, largement utilisée depuis 2004.
Récurrence des six classes dans les traditionsDocumentée par l'étude fondatrice ; c'est un argument historique.
Six facteurs retrouvés dans les questionnairesSouvent trois à cinq ensembles plutôt que six.
Cultiver les forces améliore le bien-êtreConfirmé par une synthèse d'essais randomisés, effets modestes.

résultats à confirmer  ·   confirmé, effets modestes  ·   solidement établi

Premiers pas : trouvez votre vertu dominante

  1. Relisez la liste des six vertus ci-dessus et demandez-vous : laquelle me ressemble le plus, spontanément ?
  2. Dans cette vertu, ouvrez la fiche de la force qui vous parle le plus et regardez ses « premiers pas ».
  3. Cette semaine, utilisez cette force d'une façon nouvelle. C'est l'exercice le mieux validé du domaine, présenté dans la fiche Les forces de caractère.

À retenir

  • Les six vertus (sagesse, courage, humanité, justice, tempérance, transcendance) sont la charpente de la classification VIA.
  • Le chiffre six vient de la convergence des grandes traditions morales, pas d'une loi de la nature.
  • Trop abstraites pour être mesurées directement, les vertus s'expriment par 24 forces concrètes.
  • Le découpage en six reste discuté : les analyses trouvent souvent trois à cinq grands ensembles.
  • Ce que la classification organise fonctionne : cultiver ses forces améliore modestement le bien-être.

Pour aller plus loin

La fiche Les forces de caractère présente les 24 forces, les forces signature et comment les cultiver. La vertu de transcendance a sa propre fiche. Sur ce site, les forces sont aussi reliées aux trois dimensions de la méthode Beau Bien Bon® : les forces du Beau, du Bien et du Bon. Pour découvrir vos forces dominantes, voyez le Questionnaire de Ressources Beau Bien Bon®.

Fondements scientifiques

Cette fiche s'appuie sur l'étude fondatrice de Dahlsgaard, Peterson et Seligman (2005), la classification de Peterson et Seligman (2004), les synthèses et débats récents (Littman-Ovadia et coll., 2021 ; Steger, 2022 ; McManus et coll., 2024) et la synthèse d'essais randomisés de Cebolla et coll. (2025). Voir les références détaillées →

Et maintenant ?

Plusieurs chemins prolongent cette page, selon ce que vous cherchez :

Cette fiche a une vocation d'information générale et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. En cas de difficulté persistante, parlez-en à un professionnel, et voir nos ressources d'aide.

Référence de la ressource

Auteur : Elisabeth Bélot-Grimaud, Ph.D
Première publication : juillet 2026
Dernière mise à jour : 17 juillet 2026

Citation recommandée (APA 7e édition)

Bélot-Grimaud, E. (2026). Les six vertus : la charpente des forces de caractère. Santé Mentale Positive. https://santementalepositive.fr/six-vertus.html

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