L'essentiel en 30 secondes
- À quoi servent les émotions positives ? Elles élargissent notre façon de penser et construisent, au fil du temps, des ressources durables comme les relations, la créativité et la résilience. C'est l'idée du modèle « élargir et construire ».
- Faut-il être positif en permanence ? Non. Nier ou masquer les émotions difficiles relève de la positivité toxique.
- Comment les nourrir ? En prêtant attention aux petits moments agréables et en les savourant, sans se forcer ni nier ce qui va mal.
À quoi servent les émotions positives ?
La chercheuse Barbara Fredrickson a proposé la théorie dite « élargir et construire » (broaden-and-build, présentée en détail dans sa propre fiche)1. Là où les émotions difficiles rétrécissent notre attention (utile face à un danger), les émotions positives élargissent notre champ de pensée et d'action : on devient plus curieux, créatif, ouvert aux autres.
Répétées, ces expériences construisent des ressources qui restent : liens sociaux, savoir-faire, optimisme, meilleure santé. Les petites joies d'aujourd'hui préparent la solidité de demain.
Un pilier du bien-être : le modèle PERMA
Les émotions positives ne sont pas qu'agréables : elles forment l'un des cinq piliers du bien-être du modèle PERMA. Dans ce cadre, elles regroupent des états comme la joie, le contentement, l'amour ou la gratitude, et constituent l'une des voies par lesquelles le bien-être peut se développer23.
Les accompagnements qui cultivent les émotions positives s'accompagnent d'un mieux-être plus large. Chez des adolescents, une intervention fondée sur PERMA a augmenté les émotions positives, le bien-être global et la résilience4. Chez des enseignants, elle a fait progresser les émotions positives et la satisfaction de vie, avec plus de résilience et moins d'épuisement5. Et comme une émotion positive en entraîne souvent d'autres, elle nourrit aussi l'engagement, les relations positives, le sens et l'accomplissement.
Une nuance de prudence : ces bénéfices sont surtout établis par des études corrélationnelles, et l'effet propre des émotions positives est le plus souvent mesuré au sein de l'ensemble PERMA plutôt qu'isolément6.
Positivité ≠ positivité toxique
Cultiver les émotions positives ne signifie pas « penser positif » en permanence ni nier ce qui fait mal. Forcer le sourire ou se répéter « tout va bien » alors que ça ne va pas, c'est la positivité toxique, et elle est contre-productive. La santé mentale positive accueille toutes les émotions, y compris la tristesse, la colère ou la peur, qui ont chacune leur utilité. Il s'agit simplement de faire aussi de la place à ce qui va bien.
La gratitude, une force à part entière
La gratitude, remarquer et apprécier ce qui est déjà là, est l'une des façons les plus simples de nourrir les émotions positives. Parce qu'elle est aussi une force de caractère à part entière, elle fait désormais l'objet de sa propre fiche : La gratitude : savourer et remercier.
Premiers pas : savourer un bon moment
- Une fois par jour, choisissez un moment agréable, même minuscule (un café, un rayon de soleil, un éclat de rire).
- Arrêtez-vous quelques secondes pour le remarquer pleinement : ce que vous voyez, entendez, ressentez.
- Laissez l'émotion agréable s'installer avant de repartir : c'est ainsi qu'on apprend à l'élargir.
À retenir
- Les émotions positives élargissent la pensée et construisent des ressources durables.
- Cultiver le positif n'est pas nier le négatif : toutes les émotions ont leur place.
- Savourer les petits moments agréables aide à les prolonger.
- Le secret : la régularité, pas l'intensité.
Fondements scientifiques
Cette fiche s'appuie notamment sur les travaux de Barbara Fredrickson (théorie « élargir et construire »). Voir les références détaillées →
Pour aller plus loin
Savourer les bons moments nourrit la dopamine et l'ocytocine, deux des molécules du repère D.O.S.E.®, la chimie du bien-être. Voir aussi la fiche La gratitude.
Pour transmettre le Beau aux plus jeunes, Elisabeth Bélot-Grimaud a écrit « Les Contes pour Être avec », des contes intergénérationnels et ludiques, à partager entre un enfant et l'adulte qui l'accompagne, pour apprendre ensemble à savourer les petites joies du quotidien.
Et maintenant ?
Plusieurs chemins prolongent cette page, selon ce que vous cherchez :
- Comprendre : le repère des trois familles de ressources ;
- Faire le point : le mini questionnaire pour découvrir vos ressources ;
- Essayer seul, à votre rythme : le parcours « Apaiser le stress », en étapes courtes ;
- Vivre l'expérience, en groupe : les ateliers Beau Bien Bon®, pour cultiver ses ressources en les pratiquant ;
- Transmettre : la formation Premiers Secours en Santé Mentale et l'ensemble de nos actions.
Cette fiche a une vocation d'information générale et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. En cas de difficulté, consultez nos ressources d'aide.
Référence de la ressource
Auteur : Elisabeth Bélot-Grimaud, Ph.D
Première publication : juin 2026
Dernière mise à jour : 17 juillet 2026
Citation recommandée (APA 7e édition)
Bélot-Grimaud, E. (2026). Les émotions positives. Santé Mentale Positive. https://santementalepositive.fr/emotions-positives-gratitude.html
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